Mardi 13 décembre 2016
à Jargeau et Orléans

Dans la cadre des commémorations en souvenir des familles nomades internées au camp de Jargeau entre mars 1941 et décembre 1945

/// Rencontres en milieu scolaire
Nikolaï Angelov
autour de son livre Voyage à Auschwitz, éd. À dos d’âne, 2015.

En 2014, à l'initiative de l'Union européenne, Nikolaï Angelov, Rom émigré de Bulgarie, part avec mille Roms à Auschwitz à l'occasion des soixante-dix ans de la libération des camps. Il nous livre le récit de cette expérience bouleversante face à la Shoah, à l'extermination des Tsiganes et de tous ceux que les nazis ont persécutés. Nikolaï, au-delà de l'horreur, retrouve la fierté d'être un homme, un Rom. Il s'interroge sur la condition des Roms aujourd'hui en Europe.

à 15h - Jargeau, rendez-vous au Collège Le Clos Ferbois
/// Commémoration

Le Cercil et la mairie de Jargeau témoignent d’une histoire trop longtemps oubliée, celle de l’internement des nomades entre mars 1941 et décembre 1945 dans la camp de Jargeau. Cette cérémonie est organisée à l’occasion du 71ème anniversaire de la fermeture du camp de Jargeau. 

à 18h - Orléans - Aire d’accueil des gens du voyage 
/// Projection en présence de la réalisatrice

Tsiganes, Peuple à la marge
film documentaire de Angèle Berland 2015 - France – 2x52 min – AB Productions 

18h Origines et persécutions (1ère partie) 
19h15 Collation 
19h45 Lutte et mémoire (2ème partie) 

Qu’ils soient critiqués ou considérés comme des victimes, les Roms font souvent la Une de l’actualité. Le terme même de “Rom” cristallise aujourd’hui à lui seul toutes les tensions autour des questions d’immigration et de libre circulation en Europe. Mais en réalité très peu de gens connaissent leur histoire et savent réellement qui ils sont, d’où ils viennent. “Roms” signifie “hommes” et définit la population tsigane d’Europe de l’Est, 10 à 12 millions de personnes. Les Tsiganes furent souvent pourchassés, parfois tolérés, souvent restés à la marge, par choix ou par rejet. 
Organisée avec l’ADAGV et l’Association des Habitants d’Orléans La Source.
Jeudi 8 décembre à 18h
à Orléans – Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d'Hiv

/// Inauguration de l’exposition
Les archives de l’abbé Leduc, Beaune-la-Rolande, 1941-1944
 
L’abbé Jacques Doublier, otage de la Gestapo lorsqu’il était séminariste en 1943-1944, a retrouvé récemment des documents conservés par l’abbé Narcisse Leduc, curé de Beaune-la-Rolande de 1919 à 1952, relatifs à des personnes internées dans le camp de Beaune-la-Rolande et dans celui de Jargeau. Il les a transmis à l’évêque d’Orléans qui en a confié l’analyse au Cercil. L’évêché d’Orléans, l’amitié judéo-chrétienne et le Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d’Hiv s’associent pour présenter ces archives.
L’abbé Leduc, curé-doyen de Beaune-la-Rolande, joue un rôle auprès de familles d’internés juifs du camp de Beaune-la-Rolande, en quête de nouvelles de leurs proches ou cherchant un moyen de leur faire parvenir des colis. En servant ainsi d’intermédiaire, il leur apporte aide et réconfort. En 1942, l’abbé Leduc obtient des laissez-passer pour exercer son ministère auprès d’internés convertis au catholicisme. Il devient l’aumônier du camp, jusqu’en avril 1943 : les autorités allemandes lui interdisent dès lors tout accès au camp.

Exposition ouverte au public du 9 décembre 2016 au 9 mars 2017.

Exposition conçue par le Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d’Hiv et le Service des
archives historiques de l’évêché, avec le soutien des Amis de l’Histoire de Beaune et de
l’Amitié Judéo-Chrétienne d’Orléans.

Visites commentées le 15 décembre à 18h, le 21 décembre à 15h, le 28 décembre à 15h,
le 10 janvier à 18h par François Maurin du Service des archives historiques de l’évêché

d’Orléans et l’équipe du Cercil.
Mardi 6 décembre 2016 à 18h
à Saint-Jean de la Ruelle - Médiathèque

/// Le grand témoin du Cercil
Batia Baum
D’un père assassiné à une langue retrouvée

Batia Baum, traductrice, professeur de langue et littérature Yiddish, nous parlera de son histoire d’enfant cachée. Fille d’un père résistant juif, fusillé en 1942, elle s’est mise en quête d’une langue, une culture et une littérature Yiddish à transmettre.
Son père Abraham Baum, jeune ouvrier tapissier né en 1910 à Chelm (Pologne), adhère très tôt aux idées des mouvements progressistes. Poursuivi pour son activisme, il s’exile en France en 1937 où il continue à militer au sein des organisations ouvrières juives. En 1940, il entre en résistance. 
Arrêté et emprisonné à la Caserne des Tourelles à Paris, il est interné au camp de Pithiviers à partir du 22 juillet 1941. Le 7 mars 1942, la gendarmerie allemande vient le chercher. Il est fusillé aux Groues à Saint-Jean-de-la-Ruelle le jour même.

Organisé avec la ville de Saint Jean de la Ruelle
Samedi 26 novembre 2016
à Bouzy-la-Forêt (Loiret)

Hommage au théâtre de Jean-Claude Grumberg

/// Rencontre avec Jean-Claude Grumberg à 17h30

Survivre, revivre par le théâtre*
Avec Jean-Claude Grumberg, écrivain, dramaturge et scénariste, Pierre Katuszewski, maître de conférences en études théâtrales et Jean Caune, professeur émérite à l’université de Grenoble.

« De nombreux auteurs et metteurs en scène de théâtre ont écrit et mis en scène la Shoah, les camps, mais aussi le quotidien de ceux qui en ont réchappé, puis, le retour des rescapés, les procès et la reprise de la vie. Théâtre documentaire, de fiction, théâtre oratorio, théâtre témoignage ou théâtre d’objets, comment le théâtre s’empare-t-il de ce matériau historique ? Victimes, enfants et petits-enfants de rescapés, pourquoi choisir la scène pour représenter la Shoah ? »
Pierre Katuszewski


* Un apéritif dînatoire sera proposé entre la rencontre et la représentation de la pièce

 /// Théâtre à 20h30

L’Atelier
de Jean-Claude Grumberg, mise en scène de Éric Belloir, interprétation par la troupe « les Carnutes »

« Nous sommes au lendemain du désastre de la Seconde Guerre mondiale, du cyclone que fut la Shoah. Dans un étrange espace-temps, celui d’un atelier animé de gestes techniques et routiniers, peuplé d’objets impersonnels, et en quelques années resserrées par une forte tension dramatique, les mots soudain tourbillonnent, se cognent à la mémoire, se perdent, blessent, font rire ou tombent dans le vide, impuissants, mais dans tous les cas enga-gent leurs auteurs et, ce faisant, commencent à lancer sur l’abîme de fragiles passerelles vers l’avenir pour sur-vivre, trouver dans le quotidien des chemins d’humanité, revivre… » Éric Belloir
Tarif de la représentation 6€ - gratuit pour les moins de 12 ans - Réservations à acifl45@gmail.com
Mardi 22 novembre 2016 à 18h
à Orléans – Auditorium du Musée des Beaux-Arts

/// Conférence

Le procès Eichmann mis en question par les historiennes Sylvie Lindeperg et Annette Wieviorka  

Par Annette Wieviorka, historienne, directrice de recherche émérite au CNRS, SIRICE-Paris 1-Panthéon Sorbonne et Sylvie Lindeperg, spécialiste de l’histoire du cinéma, professeur des Universités à Paris 1-Panthéon Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France, et directrice du CERHEC (Centre d’études et de recherches en histoire et esthétique du cinéma)

Seuls deux procès du nazisme peuvent prétendre au statut de lieu de mémoire : le procès de Nuremberg et celui d’Adolf Eichmann. Comme tout procès, celui de Jérusalem est une construction juridique réglée par la loi. En s’adressant au vaste monde, la médiatisation du procès Eichmann a créé un événement médiatique global. Il y eut bien un « moment » Eichmann qui installa un premier récit et délimita un avant et un après. À Jérusalem, il s’est agi d’un « Nuremberg du peuple juif », comme l’affirme Ben Gourion. C’est en effet ce procès qui constitue le génocide des Juifs en événement distinct. Parallèlement à la préparation du procès, où les témoignages occuperont une place centrale, sont mis en place les éléments de sa médiatisation : près de 450 places sont réservées aux journalistes, israéliens ou étrangers.
Car le procès Eichmann est un must, auquel la fine fleur du journalisme ainsi que quelques intellectuels qui en rendront compte souhaitent assister. Le procès est également filmé pour fournir des images aux télévisions des pays couvrant l’événement. Ces images seront ensuite reprises par le cinéma pour construire une mémoire et un imaginaire du procès. Une pensée politique forte – éduquer la jeunesse et souligner l’unicité du peuple juif – un récit raconté de façon puissante et originale par les témoins qui le portent et une médiatisation pensée font de ce procès un événement fondateur.
Leur livre Le Moment Eichmann (éd. Albin Michel 2016) a reçu le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

Modération : Noëlline Castagnez, maître de conférence en histoire contemporaine à l’Université d’Orléans

Organisée avec l’Université d’Orléans (la conférence sera suivie d’une collation au Cercil avant la projection)

Suivie à 20h30 au Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d'Hiv

/// Projection

Syrie, témoins à charge

Film documentaire de Olivier Joulie et Garance Le Caisne 50 min, coproduction Sunset Presse et La Jolie Prod. 2016

En Syrie, depuis cinq ans, des hommes ordinaires amassent des preuves de tous les crimes commis contre la population, quels qu’en soient les auteurs. Dans le fracas des bombes, ces héros anonymes et méconnus prennent tous les risques pour qu’un jour, les responsables rendent des comptes devant les tribunaux. Ibrahim, Othman, Sami César, Adel ou Bassam sont la cheville ouvrière de la plus importante collecte de preuves jamais observée lors d’un conflit en cours. Ils ont récupéré des ordres militaires, ramassé des morceaux de bombes, prélevé des échantillons toxiques, filmé des corps mutilés, archivé des milliers de témoignages.

Entrée libre dans la limite des places disponibles, réservation conseillée au 02 38 42 03 91